LE TALENT D’ ECRIRE

UN DESTIN OU UN TRAVAIL ?

Une foule de personnes est taraudée par le besoin d’écrire une œuvre, avec le désir plus ou moins avoué d’être édité et de recueillir une large audience auprès du public. Le mythe du génie littéraire fonctionne à plein dans notre société où pourtant le pouvoir de l’image s’est substitué à celui de la langue. Toutefois ce qui n’a pas changé, c’est la nature de ce pouvoir : le pouvoir magique d’occuper les consciences, de les habiter, par une création artistique, par le seul nom du créateur. Le mythe du génie littéraire c’est un peu celui du thaumaturge, le magicien qui façonne la matière brute (ici la force de l’imaginaire et/ou l’inventivité d’un style) pour la transformer en objet sublime (une œuvre).

Le génie d’un écrivain triomphe à la postérité. Ainsi Baudelaire, de son vivant, s’est vu refuser sa candidature à l’Académie française, la plus haute distinction littéraire à l’époque. Avec le recul du temps, qui contesterait que Baudelaire est un génie de la poésie ? Il est considéré comme l’un des précurseurs, l’un des pères spirituels des courants littéraires du siècle suivant. A l’inverse, Catulle Mendès, inconnu de nous ou presque – lecteurs du XXIe siècle -, fut un écrivain illustre, honoré, encensé par ses pairs, quasiment à la même époque que Baudelaire (20 ans d’écart). Ainsi le statut de génie s’obtenant post-mortem, un aspirant à l’écriture rêve plutôt d’avoir du talent et d’en faire profiter ses contemporains.

Toute la question est d’identifier ce talent et de savoir comment l’exploiter de manière optimale ?

Difficile de trouver une réponse unique lorsque les cas de figure sont divers, par exemple :

  • Sentir un potentiel en soi et ne pas vouloir l’exploiter par peur d’être confronté aux limites de ce potentiel, qu’on rêve illimité.
  • Sentir un potentiel en soi, que l’on va chercher à exploiter avec succès – succès uniquement déterminé par la rencontre avec un public – ou avec échec – la rencontre ne se produit pas – .
  • Ne pas se sentir investi par ce potentiel et ne pas agir pour le faire advenir et le rendre public, alors que tout laisse penser que la personne porte ce potentiel en elle.

Quel est au juste ce potentiel qu’on appelle talent, sinon la capacité d’apporter une pierre nouvelle à l’édifice, à la tour de Babel que représente la littérature ?

Ce n’est pas évident d’apporter du neuf au patrimoine littéraire de langue française, riche d’un millénaire. Plus d’un candidat y renonce, écrasé par les Anciens. Les plus courageux, les plus orgueilleux, les plus humbles, s’aventurent sur une voie criblée de mines, sur une voie solitaire et laborieuse. En effet si le talent comporte une part innée, celle qui appelle impérieusement une personne à écrire, cette prédisposition ne débouche sur un talent accompli qu’après un travail obstiné et ingrat car invisible au public. Le destin d’un écrivain ne se construit pas sans lui, aucune évidence ni déterminisme ne l’expliquent, il s’érige à la force du poignet, avec pugnacité et constance. Cependant le travail seul ne paie pas, sans le petit supplément d’âme de l’écrivain, l’un ne va pas sans l’autre.

Dans la même optique, l’astrologie accrédite l’idée que le destin n’est pas donné à la naissance, il se conquiert. Néanmoins une carte natale donne des indications sur les potentiels, et notamment celui d’écrire en direction d’un public. Le signe du Cancer, accentué dans un thème, peut traduire une connexion entre l’imagination et la gestation d’une œuvre à l’intention d’un public. De plus la maison 3 est le secteur général de la communication, et plus particulièrement de l’écriture. Celle-ci prend un caractère professionnel, dans le cas où la maison 3 est reliée aux maison 5 – secteur de la création artistique – et maison 10 – secteur des réalisations socio-professionnelles – par les planètes Mercure (planète gouvernant la maison 3), Soleil (gouverneur de la maison 5), Vénus (significateur des valeurs du Beau) ou Neptune (indicatrice de la poésie, de l’inspiration artistique).

Liz Greene rappelle qu’en alchimie, l’équivalent de Mercure nommé Mercurius, représente « à la fois ce qui transforme et ce qui doit être transformé ou libéré. Il symbolise à la fois la prima materia (le plomb ou les fèces que l’on veut changer en or), et le but de l’Oeuvre ». Toujours sur un plan mythologique, Mercure/Hermès prend de multiples visages, mais l’un de ceux qui retient l’attention, c’est celui de messager des dieux, que l’on peut rapprocher de celui de l’écrivain, messager des courants imaginaires collectifs.

LE TALENT D' ECRIRE

Voici la carte natale d’un écrivain reconnu, pour qui la lecture et l’écriture sont une évidence depuis l’enfance. Plusieurs signaux traduisent une vie entièrement vouée à l’écriture. La maison 3 est en Cancer : l’intellect et la parole sont nourris par l’imagination et le rêve, refuges de la personne. La planète maîtresse, la Lune, est en Sagittaire : cet imaginaire est empreint d’une recherche de sens philosophique, il représente une source d’évasion inépuisable. Le signe du Sagittaire amplifie l’énergie de la Lune, c’est-à-dire la fécondité associée aux créations de son imagination, cette richesse lui fait rencontrer une adhésion sociale, une reconnaissance, d’autant plus que la Lune est située en maison 7, favorisant des signatures de contrat qui débouchent sur des gains financiers, des honneurs. La Lune est sextile à la maison 10 : elle conforte donc l’assise socio-professionnelle. Pour appuyer cette tendance, la Lune est en trigone à Jupiter – maître du Sagittaire -, cela assure une expansion sociale.

La maison 5 est en Lion, son gouverneur, le Soleil, est en Taureau : la fertilité artistique est un atout d’autant plus que le Soleil est conforté par la proximité de Mars (l’action) et Mercure (les mots). Ces trois planètes se situent en maison 12, définie par deux caractéristiques : l’invisible (l’action de cette personne est invisible aux yeux des autres), et l’inspiration artistique.

Le deuxième signe de la maison 5 est la Vierge (signe de Mercure), un signe qui incite à un travail mental approfondi, analytique, lequel se déploie par l’expression des sensations. La création est considérée avec sérieux et constance. Saturne accentue cette posture de l’écrivain laborieux et solitaire, de plus cette planète retarde le succès public de ses oeuvres (15 ans après sa première publication).

Si cette carte était présentée sans connaître son détenteur, sans savoir qu’il est écrivain, on remarquerait d’emblée l’importance des planètes Mercure, Vénus et Lune : soit pour leurs situations aux angles du thème (Ascendant et maison 7), soit pour leurs maîtrises de maisons qui associent création (5, 12), travail (6), gains financiers (2). Par ailleurs ces planètes sont dynamisées par de nombreux aspects et situées dans des signes qui soutiennent l’expression artistique (Cancer, Taureau, Lion, Gémeaux). Cela engagerait à penser que la communication est un objet esthétique et romanesque dans la vie de cette personne, un objet qui influe sur ses réalisations socio-professionnelles et favorise un contact avec la foule.

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