L’ ALCOOLISME

DEVENIR LIQUIDE

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge / D’un luxe miraculeux, / Et fait surgir plus d’un portique fabuleux / Dans l’or de sa vapeur rouge, / Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

Charles Baudelaire, « Le Poison », Les Fleurs du mal.

L’alcoolisme est une maison à double entrée dont la porte principale est l’entrée des artistes, des créateurs, des penseurs, des personnes qui ont des responsabilités socio-professionnelles telles, qu’elles ont un impact social fort, elles touchent un public : les politiques, les dirigeants d’entreprise et leurs cadres, les urgentistes, les enseignants…

Par cette porte principale, l’alcoolisme est facilement attribué aux raisons suivantes : j’ai besoin de décompresser car je supporte de grosses pressions, j’ai besoin de modifier mon état de conscience pour trouver l’inspiration qui me fait écrire, pour rencontrer mon imaginaire qui m’amène à créer une œuvre. C’est dans l’environnement extérieur, ses nécessités, que l’on cherche une tentative de rationaliser la dépendance à l’alcool.

Du côté de cette entrée, l’entourage, la société, est plutôt indulgente avec une personne alcoolique, du moment qu’elle reste productive. Par exemple, l’alcoolisme des poètes et écrivains comme Verlaine, Duras ou d’un politique comme Churchill, contribue à la légende du personnage, et au fond, considéré comme un adjuvant voire un moteur au processus de création d’une œuvre, d’une pensée, d’une action, placées au-dessus de la mêlée.

En quelque sorte, ces personnes cohabitent, négocient avec l’alcoolisme comme on le fait avec un collaborateur de travail, sans jamais outrepasser les limites au-delà desquelles le collaborateur domine le maître et le tue.

La deuxième entrée est la porte de service, la petite porte, ouverte aux personnes de peu d’importance, qui ne peuvent arguer d’aucune raison recevable par l’entourage et la société : en vue, aucune responsabilité ayant des répercussions sur un public, sur une collectivité, ni de projet d’envergure. Seulement la nécessité de supporter sa vie et celle des autres à ses côtés, de se supporter soi-même.

Pour ceux-là, le regard porté sur l’alcoolisme est tout autre, rien n’est sublimé, tout est filtré avec crudité, incompréhension, intransigeance voire culpabilisation. Si l’addiction à l’alcool n’est pas le vecteur d’une ambition, elle est perçue comme celui d’une destruction pure, de soi, de ses relations. Pourtant, là aussi, tant que les digues ne lâchent pas, l’alcool peut demeurer le compagnon d’une personne sans la tuer.

Ce qui est certain, et partagé par tous les alcooliques, c’est la pulsion de se dissoudre, de se répandre, de rejoindre le grand océan où le moi n’existe plus, où la fusion maternelle redevient possible et la solitude écartée. Quand cette pulsion atteint le fond de son versant négatif, c’est la désintégration.

En astrologie, le signe par excellence de la dissolution est le Poissons. La planète Neptune et la maison 12 qui lui sont rattachées, parlent de transcendance de l’ego, c’est-à-dire de retour à l’espace intra-utérin où la finitude de l’existence humaine n’est pas, où la séparation n’existe pas, où l’amour fusionnel tient toutes ses promesses. Lorsque ces indicateurs sont secoués par des aspects dynamiques, on peut y voir un indice d’addictions diverses (alcool, drogues, médicaments) si une tension psychique est avérée.

L' ALCOOLISME

Si on observe la localisation du signe du Poissons dans cette carte natale, on constate que le signe est intercepté – signe non marqué par le début d’une maison – et par conséquent, indique une tendance à rechercher l’évasion ou un repli sur soi pour éviter la souffrance induite par l’exposition aux regards et jugements d’autrui.

Il y a une distorsion entre, d’une part, l’aspiration à rechercher un refuge dans l’isolement, le retrait – du fait d’une hypersensibilité -, d’autre part la rigueur d’un esprit critique qui pousse à communiquer et entrer en contact. Le conflit interne génère une coupure avec soi, pour se mettre à l’abri de remises en cause douloureuses. Cela incite au secret et au refus de s’épancher. Toute affirmation d’une volonté devient culpabilisante.

La décompensation prend la forme d’une dépendance aux intoxicants – dans cet exemple c’est l’alcool – car la planète Neptune – maître du Poissons – envoie des aspects dissonants vers Mars en maison 8, et vers les planètes Mercure, Jupiter et Soleil (dans un orbe élargi), toutes trois situées en Poissons.

Toutefois l’Ascendant en Taureau reçoit de nombreux aspects bénéfiques qui protègent la santé de cette personne et lui procurent une longévité. Elle cohabite avec son alcoolisme depuis des décennies, sans s’être noyée.

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