TROUBLES ALIMENTAIRES

AFFAMES D’AMOUR

Anorexie mentale : selon Jeammet (1985) c’est « une conduite volontaire de restriction alimentaire et de lutte active contre la faim, bien que ceci ne soit généralement reconnu des patientes qu’après un travail thérapeutique. »

Boulimie : selon la CIM (classification internationale des maladies), c’est un « syndrome caractérisé par des accès répétés d’hyperphagie et une préoccupation excessive du contrôle du poids corporel, conduisant à une alternance d’hyperphagie et de vomissements ou d’utilisation de laxatifs. »

C’est à partir de l’adolescence que la faim peut devenir un bouclier dont s’empare la personne pour défier l’ordre établi, telle Antigone, jeune fille refusant de se plier à la loi de sa cité pour obéir uniquement à son for intérieur, dans l’expression radicale d’un refus de toute concession. L’analogie avec ce personnage mythologique trouve son sens dans le refus de la part du sujet, d’entrer dans un devenir adulte au moyen d’un corps adulte.

Cette volonté absolue peut fasciner plus d’un(e) adolescent(e) et étayer un désir de pureté, de purification qui passe par le corps : une personne anorexique s’emploie à maîtriser les sensations physiques de son corps car elle développe un dégoût lié aux phénomènes digestifs et à la satiété. Le même désir de pureté est exprimé chez une personne souffrant de boulimie avec vomissements provoqués.

L’on peut déceler à travers ces troubles, une violence intérieure qui trouve pour seul canal d’expression, le corps, avec à l’origine une pulsion orale – ayant une fonction vitale pour le bébé mais également une fonction de communication avec l’environnement extérieur – perturbée dans son développement lors des relations précoces mère-bébé. En effet il faut envisager un défaut d’élaboration du narcissisme primaire chez le bébé pour comprendre les troubles de la pulsion orale. Aussi bien dans les cas d’anorexie mentale que de boulimie, une défaillance au niveau de la constitution de soi (le narcissisme) est constatée chez le sujet, résultant d’un complexe de sevrage affectif, c’est-à-dire de l’expérience d’un retrait brutal ou prématuré de l’investissement maternel, d’où une frustration affective et une colère qui se réactivent lors des mutations hormonales à l’adolescence.

Un clivage se met en place « entre une partie du Moi se conduisant de manière autonome et le reste du psychisme. […] Ce clivage rend compte du déni de la souffrance, de la répression des affects et de la position centrale du narcissisme et de l’image du corps propre » déclare Jean-Louis Pedinielli et al. dans l’ouvrage, Les Troubles des conduites alimentaires. Le rejet du corps et en même temps l’obsession tyrannique de son apparence sont la manifestation la plus visible d’un trouble qui fait généralement l’objet d’un déni. Une autre de ses manifestations est l’intellectualisation (sous la forme d’un surinvestissement scolaire, sportif, professionnel) qui devient un mécanisme de défense contre les émotions et contre l’intégration d’un corps sexué exprimant des pulsions. Par leur comportement, les sujets tentent de maîtriser ce qui les déborde dans leurs relations affectives. Cela conduit à un isolement profond et à un enfermement dans une attitude autodestructrice et pour autant l’anorexie et/ou la boulimie deviennent le(s) seul(s) recours face aux tensions psychiques.

L’évolution de ces troubles vers un pronostic positif est plutôt longue, plus de quatre années pour les sujets pris en charge médicalement, en sachant que le meilleur pronostic est déterminé par la précocité de la prise en charge thérapeutique et la durée du suivi. Ces troubles alimentaires apparaissent à l’adolescence mais peuvent se poursuivre ou réapparaître à l’âge adulte (quand il y a eu évitement du système de soin ou bien une décompensation suite à un choc émotionnel), sous un aspect chronique et caractérisé souvent par une forme mixte, c’est-à-dire que le sujet traverse des périodes boulimiques, des périodes de dépendance à un aliment précis et des périodes d’anorexie, par intermittence. Une alternance entre épisodes de rémissions et épisodes de rechutes est également constatée.

Un thème natal n’indique pas le type de trouble alimentaire dont souffre une personne, cependant il existe des significateurs astrologiques de la compulsion alimentaire : Liz Greene affirme que la Lune (indicateur de la nutrition) est impliquée dans des interactions difficiles avec d’autres planètes, par exemple un aspect conflictuel avec Saturne ou bien elle est localisée en maison 2 ou 10 ; ces configurations traduisent une peur irrationnelle de tout perdre, un sentiment d’insécurité enraciné qui peut avoir pour symptôme, un problème chronique de nutrition. J’ajouterai que la planète Jupiter peut contribuer à indiquer un trouble de l’alimentation, quand elle est affaiblie, soit par son signe soit par ses aspects.

Troubles alimentaires

Ce thème natal est celui d’une femme adulte qui a reconnu avoir souffert de troubles alimentaires de forme mixte (anorexie mentale-boulimie), durant plusieurs années, à partir de son adolescence. Si l’on étudie la situation de la Lune, elle est en Scorpion, ce qui amplifie son émotivité et affecte son assurance par une faible estime de soi, des carences affectives certaines et une difficulté à s’affirmer par peur d’exposer sa vulnérabilité et de perdre le contrôle de soi, la sensibilité au jugement de l’autre étant exacerbée. L’intensité de ses émotions peut l’inciter au refoulement pour se protéger.

La Lune est en maison 4 (sa maison originelle, donc une localisation plutôt favorable), secteur du foyer où l’on agit pour assimiler ses émotions les plus profondes, où l’on se nourrit, se ressource pour se structurer, or ce processus est perturbé par différents aspects dissonants et fait le lit de son insécurité émotionnelle : sa conjonction avec Uranus, son carré à Mars, une opposition à Vénus et un sesquicarré à Jupiter (un aspect dit mineur, non indiqué sur la carte) ; tous ces aspects accentuent une tension nerveuse qui ne la quitte pas, tout autant qu’une dissociation entre d’une part sa nature instinctuelle, son corps, et d’autre part ses valeurs, sa créativité, son intellect.

Sortir de ce clivage est possible en intégrant son besoin d’intimité familiale, d’appartenance à un foyer et l’expression de son individualité.

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